Filer du bon coton

L’industrie du coton : deuxième activité la plus polluante au monde… après le pétrole

On ne pense pas toujours à cette plante quand on parle de pollution, et pourtant…
La culture cotonnière est la troisième activité agricole la plus consommatrice d’eau issue d’irrigation et l’une des premières utilisatrices de pesticides et de produits chimiques. Environ 20 000 tonnes de coton sont produites chaque année, soit environ 820 kg par seconde, juste devant la laine. Pour bien se développer, la plante demande beaucoup d’eau, environ 5 300 litres sont nécessaires pour produire 1kg de coton. La pluie n’étant généralement pas suffisante, il faut donc solliciter les nappes phréatiques, malheureusement parfois jusqu’à épuisement. A ce bilan écologique déjà pas fameux, s’ajoute le fait que cette culture utilise environ un quart des pesticides vendus dans le monde alors qu'elle ne représente que 2,4 % de la surface agricole. Ce coton est nocif pour ceux qui le portent comme pour ceux qui le cultivent. Et bien sur l'achat d'engrais est la principale source d'endettement et de dépendance des petits producteurs.
La communauté scientifique donne l’alerte régulièrement sans que cela incite la filière textile à se réorganiser profondément pour aller vers plus de modération et de raison. Il me semble pourtant évident que la culture biologique est une solution salutaire pour préserver nos ressources et notre santé.

Le coton bio, lui, est une fibre naturelle, sans OGM, beaucoup moins gourmande en eau que le coton conventionnel. Et surtout, sa production n’utilise pas de produits chimiques (ni engrais, ni pesticides) et favorise la rotation des cultures pour garder des sols plus sains, plus fertiles et plus humides. Quant aux déchets de l’égrainage du coton, ils sont recyclés pour l’industrie alimentaire animalière.
Mais attention, vu que suis consciencieux, je sais qu’il peut y avoir des dérives derrière le mot « bio » et je me suis assuré que sa production respectait tous les labels et certifications les plus stricts en matière d’éthique sociale et environnementale.

 

Dis nous, Made in où !?

Pour le coton bio des collections HARIZURI, bien qu'ayant à cœur de réduire au maximum mon empreinte carbone, j’ai du me résoudre, pour débuter, à m’approvisionner chez des producteurs et des filatures basés au Bangladesh, haut-lieu de l’industrie textile. Evidemment, le pays ne propose pas le même code du travail que la France: c'est justement une raison de participer au progrès social. Je m’efforce donc de mettre en avant ces partenaires contribuant à l’amélioration des conditions de travail : les 5 usines partenaires d’HARIZURI, situées à Dacca, sont toutes certifiées GOTS et toutes auditées par la Fair Wear Foundation. Les artisans y travaillent dans de bonnes conditions et sont payés deux fois le SMIC local du Pays. Dans une ville où les conditions de travail sont catastrophiques, ces usines font figure d’exception et améliorent la vie de centaine de personnes. Derrière HARIZURI, il y a donc aussi un impact solidaire. De quoi atténuer quelque peu ma mauvaise conscience sur le bilan carbone.
Tout le reste est made in Sud de la France (design made in Pays Basque et sérigraphie et livraison made in Bordeaux).
Evidemment, les textiles bios et labélisés ont un coût plus élevé que les textiles qui ne le sont pas. Je pense et espère qu’à l’avenir il n’y aura plus que des usines « propres », ce qui engendrera indubitablement une baisse du prix de vente du vêtement organique. Ce que vous payez correspond aujourd’hui au prix « juste » pour respecter les hommes et les femmes qui produisent les vêtements dans des conditions de travail dignes et respecter le monde dans lequel on vit en limitant notre impact sur l’environnement.
Aussi, la vocation de Harizuri est de démocratiser l’achat responsable, en touchant notamment le grand public qui n’est pas forcément très engagé d’un point de vue environnemental. Pour démocratiser un mode de consommation et en faire une norme, il faut s’aligner en termes de prix sur ce qui est déjà perçu comme étant « la norme ». Impossible aujourd’hui en faisant du Made in France malheureusement !

Le coton ouzbek, où comment peut-on acheter des t-shirts à 10 € 

D'où vient le coton dont sont faits nos vêtements ? En majorité d'Ouzbékistan. Cette ancienne république soviétique est l'un des plus gros producteurs de coton au monde. Au cours de la récolte, toute la population (homme, femmes et enfants !) est réquisitionnée. Un travail forcé qui réduit les coûts, et ouais pas con.

Pour en savoir plus, je vous invite à aller voir le reportage de France 2 sur le sujet, réalisé en 2017.